Interview de Lord Red

 

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Le monde du BDSM est vaste et international. De part N/nos déplacements et pérégrination sur internet et dans la vie, N/nous continuons à rencontrer des personnes qui N/nous interpellent, N/nous fascinent et N/nous séduisent. j’ai découvert Lord Red à travers ses écrits sur Fetlife et j’ai eu envie de le connaître mieux. De part ses écrits j’ai retrouvé un être équilibré, parfaitement saint de corps et d’esprit et surtout très intéressant. Aussi je tiens à partager cette rencontre avec V/vous au travers de cette interview qu’il a bien voulu m’accorder :

Pourquoi vivez vous à Hong Kong si ma question n’est pas trop indiscrète bien sur ?

Nous sommes allés vivre sur Hong Kong pour des raisons professionnelles. Ce fut, en réalité, plutôt le fruit du hasard.

Comment avez-vous découvert le BDSM sachant que pour beaucoup de personnes, le BDSM s’est fait tout seul et c’est seulement par la suite qu’elles ont découvert que ce qu’elles faisaient était considéré comme du BDSM ?

C’est en réalité une question assez difficile, parce que je ne sais même pas, depuis quand j’ai senti que je « rentrais » dans le BDSM. En fait, je ne peux pas vraiment dire que j’ai « commencé » seul. Je crois d’ailleurs que la « révélation » du BDSM est très différente pour quelqu’un de soumis, masochiste, que pour quelqu’un de plus dominant. Sans rentrer dans les caricatures, je ne pense pas que soumis(e)s et dominant(e)s « rentrent », découvrent leurs BDSM de la même façon. Bien sur, chaque soumis(e) et dominant(e) est différent, mais je parle au niveau des ressentis, des besoins fondamentaux. Depuis très jeune, j’ai une vie anticonformiste, rock’n roll, et pas forcément souhaitée (en tous cas pour mon enfance et mon adolescence). Ma première rencontre physique avec une personne qui m’as montré et parlé de cela en réel et concrètement c’était lorsque j’habitais en Bretagne, à Brest, j’allais beaucoup sur le minitel et à force de rencontres, un jour, j’avais 20-21 ans, j’ai rencontré une Domina expérimentée, de Paris, qui avait plus de quarante balaies, qui en avait marre de son mec, et qui est venu me rejoindre un weekend à Brest. Elle m’a montrée le soir même comment fister une fille sur elle-même….. En un weekend, j’ai compris qu’elle était ma Voie. Je l’ai fistée plusieurs fois dans la soirée, nous avons joué, je fus son amant, mais pas son soumis. Puis, elle est retournée, me laissant plein d’envies et d’interrogations, retrouver son mec, sur Paris…. Mais avant même cette rencontre, frayant dans le milieu punk, j’avais déjà de nombreux visuels esthétiques fait de cuir, de chaînes, de boots, de violences. Ma sexualité était déjà BDSM finalement. Ensuite, avec le mouvement gothique j’ai découvert d’autres visuels, comme le latex, le rubber…. Je dirais que je suis « rentré » dans le BDSM autant par « hasard » qu’évidence. J’avais des pulsions, des besoins, que j’ai pu verbaliser très vite, grâce au hasard des rencontres, mais aussi de magazines, de visuels artistiques….. et j’ai pu avoir très vite une vie sexuelle sans tabou du fait que je me suis construit relativement seul, expérimentant, puisque sans modèle familiale ni vraiment structuré. Personne ne m’a jamais dit, par exemple « que la sodomie c’est mal », « que baiser avec un chien cela se fait pas », « qu’on ne pissait pas sur la personne que l’on aime ». Pour schématiser.

Pourquoi avez-vous décidé d’en vivre et comment vous y êtes vous pris ?*

Par hasard là encore. Jusqu’à mon arrivé en Asie, je ne pratiquais le BDSM que pour et dans ma vie privée. Assez rapidement, je suis rentré dans la communauté BDSM locale, je me suis impliqué sur la scène et j’ai rencontré des gens. J’ai commencé à y être connu et reconnu. Plusieurs personnes, des femmes en fait, m’ont proposées de devenir un Dom Pro, notamment parce que j’avais besoin de trouver une source de revenus. Je fus assez surpris par l’idée au départ, pensant, comme beaucoup, qu’aucune femmes (ou hommes) n’accepteraient de payer pour un Dom mâle. J’ai décidé d’en vivre, ou, plus exactement, de faire cela par besoins financiers, mais cela ne m’a jamais permis d’en vivre complètement ni correctement non plus. Il y aussi l’aspect grisant, flatteur, et, je dois le reconnaître, excitant, que d’être payé pour dominer, faire quelque chose que j’aurais pu faire gratuitement, être désiré pour mes compétences dans le cadre du BDSM. Cela a joué aussi. Je trouve les « client(e)s » via le bouche à oreille et puis j’ai crée des profils sur des sites spécialisés BDSM, voila comment je m’y prends.

Comment se sont passé les débuts ?

A la fois grisant et stressant. J’aime connaître la personne que je vais dominer, pouvoir discuter avec elle, la sentir, mais ce n’était pas toujours le cas. Notamment lorsque les soumis(e)s m’étaient introduit(e)s par une tierce personne. Là c’était stressant de ne pas avoir pu mieux connaître l’autre avant. C’est en réalité un exercice assez compliqué, lorsque tu veux faire les choses bien.

Et maintenant avec du recul qu’est ce que vous ne feriez pas?

Il n’y a rien que j’aurais pu faire autrement, donc que je puisse vraiment regretter. Si vraiment je n’avais pas voulu faire quelque chose ou rencontrer quelqu’un, je ne l’aurais pas fait. Mais ce qui m’a dérangé le plus, je dirais, c’est de rencontrer sans connaître, sans avoir pu discuter avec les personnes avant. C’est une activité qui demande une grosse capacité d’adaptation.

Et qu’est ce que vous feriez plus rapidement ?

La seule chose, avec le recul, que j’aurais fait plus rapidement, c’est de faire du « pro » avant. Au moins, dès mon arrive en Asie.

Reviendrez-vous en France?

Pour y vivre ? Je ne le souhaite pas, parce que je préfère vivre en Asie. Par contre pour y passer des vacances et revoir mes amis oui, mais c’est difficile actuellement.

Si vous deviez écrire le petit manuel du BDSM ou comment vivre pleinement son BDSM en Asie, que conseillerez-vous ?

Je crois que c’est toujours un peu difficile de répondre à cela, car chacun a propre façon de vivre son BDSM, ses propres besoins. Mes conseils ne seraient pas adaptés pour tout un chacun. En plus, l’Asie est très, très différente, d’un pays à l’autre. Il est plus facile de « conseiller » en Europe, où les pays, les fonctionnements, les lois se ressemblent peu ou prou, alors qu’entre le Japon et l’Indonésie, qu’entre le Pakistan et la Mongolie, en passant par la Corée du Nord et la Thaïlande, les lois et les scènes sont très différentes. Néanmoins, je dirais donc que, premièrement, se renseigner sur les lois locales et si il y existe une scène me semble la base. Fetlife est très bien pour cela d’ailleurs. D’autant que dans beaucoup de pays, le BDSM et même l’échangisme, sont « interdits ». S’il y a un ou des munches organisés dans la ville où vous êtes, y aller peut-être intéressant. Connaître les « bonnes » personnes comptent aussi beaucoup, parce que dans de très nombreux pays d’Asie, il n’existe pas de clubs ou de soirées fetish/BDSM « publiques » comme les soirées Démonia ou Torture Garden, pour ne citer qu’elles. Donc pour jouer, regarder… c’est assez difficile. Souvent, dans chaque pays/ville, existe des personnes organisant, de manières plus ou moins ouvertes, des soirées privées.

Si un homme venez vous demander conseil pour devenir comme vous un professionnel que lui conseilleriez-vous ? Et que lui déconseilleriez-vous ?

Comme pour la question précédente, je dirais avant tout, de faire attention aux lois. De savoir où dominer, d’être clair dans son fonctionnement et d’être, bien évidemment, compétent. Ne jamais faire ce que l’on ne sait pas faire, même avec l’appât du gain. D’être safe avec son matériel et soi-même. Et dans la mesure du possible de discuter avant avec le ou la client(e), par internet ou en réel. Dans ce que je déconseillerais, c’est d’être trop insouciant, ou de ne pas faire attention à sa propre sécurité physique (c’est encore plus important pour les Domina Pros). Certains lieux peuvent être dangereux et il ne faut pas oublier que dans des pays comme la Chine, Macao, Hong Kong, Taiwan, le Japon, la Thaïlande…. les mafias sont assez présentes.

On doit rester pro pour soi et pour les personnes rencontrées, en toutes circonstances, et pas que dans la pratique en elle-même.

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Lord Red

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