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Entretien avec Richard Laillier

Il suffit de se rendre sur internet et de taper sur le moteur de recherche son nom et son prénom pour trouver une multitude d’informations. Chaque page, chaque approche aussi différentes soient elles nous permettent de découvrir un homme attachant, simple et talentueux. Dans chacun de ses dessins on trouve une partie de son âme. Cet homme dessine avec ses tripes et avec son coeur. On pourrait passer des heures à l’écouter ou simplement à le regarder créer. Ses connaissances sont grandes. Curieux il s’intéresse à tout, littérature, peinture, théâtre, musique. C’est un amoureux des arts. Il N/nous a accueilli pour cette rencontre dans deux endroits différents. Son ancien atelier ou il a exercé pendant 15 ans. Celui ci va être entièrement rénové par la Mairie de Parie. Ils vont faire des ateliers avec des logements pour 6 artistes, choisi sur le volet parmi la longue liste de postulants. Et le nouvel atelier ou il a actuellement ses quartiers. Atelier mis à sa disposition pour un ami architecte.

Il avait pris ses distances et disparu du milieu BDSM depuis 2002, mais il n’était pas resté inactif pour autant. Il a choisi de revenir et d’être interviewer par N/nous. Quel beau cadeau il N/nous a fait.

Permettez moi, non pas de vous le présenter car il est déjà connu et se serait donc présomptueux de N/notre part. Mais permettez moi de vous faire partager une rencontre comme on en fait peu. N/Notre rencontre avec Richard Laillier.

Son emploi du temps étant chargé N/Nous avions eu des difficultés a allier N/nos agendas. Aussi, c’est avec beaucoup d’impatience que N/nous sommes arrivés sur le lieu du rendez-vous. j’avais hâte de rencontrer cet homme. Et surtout depuis le début, une question me tarabustait. Pourquoi voulait il être interviewer par N/nous. je découvre son atelier, et il cherche un endroit pas trop « sale » pour que je puisse m’asseoir. Son atelier est tel que je l’imagine. Il s’est approprié l’espace. Comme il travaille énormément en couvrant les feuilles de papier d’une fine couche de mine de pierre noire, celle ci a envahi l’espace. Tout est noir de poudre de graphite. L’espace est imprégné des matières qu’il affectionne à utiliser pour ses créations. et comme pour s’excuser il m’explique.

Richard L : Je ne peux pas dessiner dans un endroit tout propre.

moi très curieuse, je rentre tout de suite dans le vif du sujet.

tanyaML : Sur quel projet travaillez vous actuellement ?

Richard L : Sachant que j’ai toujours été intéressé par le corps humain. Je travaille sur un projet d’exposition sur la partie animale dans l’être humain.

tanyaML : Comment avez vous découvert le petplay ?

Richard L : le petplay m’a beaucoup tenté. J’ai eu une expérience pendant un an. Cela m’avait inspiré une série de dessins.  J’avais connu une femme, qui venait me voir une fois par semaine dans mon atelier. A mes côtés, elle devenait une doggygirl, ma doggygirl.  Elle ne disait rien, elle restait près de moi. De temps en temps elle réclamait de l’attention et la plupart du temps elle restait sagement couchée près de moi. Attentive à mes moindres gestes. Sa compagnie me plaisait.

tanyaML : Vous nous avez raconté votre première expérience avec le petplay. Demain seriez vous prêt à adopter une doggygirl ?

Richard L : Rire … Il faudrait que je trouve une petgirl d’atelier alors.

On sent chez lui qu’il fait parti des gens qui se laissent vivre. Qui ne sont pas suspendu aux aiguilles de leur montre. C’est un passionné qui vit au rythme de ses inspirations. Il me confiera d’ailleurs à ce sujet.

Richard L : J’ai toujours vécu sans me projeter dans le temps. J’aime prendre le temps, le plaisir de savourer. J’ai été incapable de faire parti d’un groupe et de rentrer dans un moule quelconque. Quand j’ai de l’argent j’en fait profiter mon entourage. Quand je n’en ai pas je fais avec, cela ne me manque pas. Je suis un vrai boulet. Je n’aime pas m’occuper de l’aspect financier des choses. 

tanyaML : Vous dites que vous êtes un boulet, mais en faîte nous n’êtes tout simplement pas matérialiste. Votre confort moral passe bien avant votre confort matériel.

Et pour apprécier la vie, on peut dire qu’il sait de quoi il parle. Pendant des années, sa vie était suspendue à un fil, Il faisait un métier passionnant mais dangereux également. Il a eu plusieurs accidents et le dernier lui a fait raccroché définitivement. Comme il me l’expliquera si bien.

Richard L : J’exerçais dans le théâtre. J’étais machiniste. Cela signifie que pour réaliser des décors, je me retrouvais souvent suspendu à plusieurs mètres de hauteur. C’est mon dernier accident qui m’a fait prendre conscience que je n’avais qu’une seule vie et j’ai décidé d’arrêter de la risquer.

Il ne nie rien de se passé pour autant. Comme il le dit si bien.

Richard L : tout ce que j’ai pu apprendre dans le théâtre m’a été très utile dans le bondage.

Vous me direz quel rapport avec le Richard Laillier connu et reconnu comme peintre. Il a été parmi les premiers a pratiquer l’art du bondage en France.

Richard L : J’ai commencé le bondage en 1982 dans l’intimité de mon couple. Elle était masochiste et soumise. O/on est resté ensemble deux ans et cela ma donnée envie de ne pas me cacher. J’ai eu envie de rencontrer des gens pour échanger. Sachant qu’à cette époque il n’y avait pas les médias de maintenant. Je prenais le risque de rencontrer des femmes et d’en parler. Et cela passait, ou ne passait pas.

Jusqu’au jour ou il a fait une rencontre qui a changé sa vie.

Richard L : Un ami m’a fait découvrir le Bar Bar. J’arrivais en chemise hawaïenne au Bar Bar pour boire un verre en sortant du travail. Par la suite cet ami m’a présenté à Pascal et Nathalie. Il leur avait dit que je me débrouillais pas trop mal. Et c’est ainsi que j’ai commencé à pratiquer en public. 

tanyaML : Vous avez été rapidement connu alors que dans les années 80 – 90 ce n’était pas aussi répandue que maintenant. Comment cela ce fait il?

Richard L : Parmi mes modèles il y avait Thierry Talin d’Eyzac, le petit ami de Poupée Mécanique. Il était vidéaste et il avait fait une belle vidéo sur le bondage. Celle-ci avait même était complimenté à l’époque par Gilles Berquet.

tanyaML : Pourquoi avoir tout arrêté ?

Richard L : Pour des raisons personnelles d’une part. Mais également parce que dans mon équipe, une des personnes ne supportait plus de me voir attacher les femmes. J’ai un peu coupé les ponts mais j’ai gardé quelques contacts.

tanyaML : Cela ne vous a pas manqué ?

Richard L : Sincèrement si. J’ai mis de côté une partie de mon existence. Même si déjà lorsque je faisais des performances il m’arrivait de m’arrêter en faisant des poses tous les 3 et 6 mois.

tanyaML : Est ce que l’on peut dire que vous faites parti des pionniers et que vous êtes en quelque sorte une partie de la mémoire du BDSM en France?

Richard L : Non, je suis juste un témoin tout simplement qui était au bon endroit au bon moment. C’est ainsi que j’ai connu les débuts de Dèmonia.

tanyaML : Comment est ce arrivé ?

Richard L : J’avais eu une interview de jean Bidaud qui faisait parti du Dèmonia Mag. C’était dans le cadre de la sortie de mon seul livre. « Noires » composé de 17 dessins. Ils avaient été édité par jean Pierre faur, en 1994. 

tanyaML : Cet édition a t’elle eu d’autres retombées ?

Richard L : Oui j’ai fait partie des artistes qui ont participé à l’inauguration du Musée de l’érotisme

tanyaML : Racontez N/nous

Richard L : Richard Snelling (fondateur du Rosebud) était chargé d’organiser l’inauguration . Il m’avait contacté après avoir vu mon livre pour me proposer de participer avec d’autres artistes à cette inauguration. 

tanyaML : Y a t’il des artistes qui vous ont influencé ?

Richard L : Oui, The Veterinarian par exemple. 

tanyaML : Vos dessins sont connus dans le monde entier. Vous êtes même présent au Japon, comment est ce arrivé ?

Richard L : Effectivement deux de mes dessins sont au Japon à Osaka. Ils avaient été commandés pour l’ouverture d’une boutique. 

tanyaML : Sachant que vous exerciez un métier certes passionnant mais également prenant. N’y a t’il pas eu un vide quand vous avez décidé d’arrêter ?

Richard L : Non je vis de mes dessins. Comme beaucoup d’artiste je créé l’offre et la demande. De plus depuis quelques temps je pratique une autre activité. Je suis devenu scénographe. 

tanyaML : En quoi consiste le métier de scénographe ?

Richard
L : Je créé des décors. J’attend les idées du scénariste et je l’emmène ou il veut aller. Sachant que lui même ne sait pas forcément ou il veut aller. 

tanyaML :Comment êtes vous passé de machiniste à scénographe ?

Richard
L : Je suis devenu scénographe par le biais de mon amie qui a parlé de moi. Un chorégraphe par la suite est venu à moi avec des idées. Et ce sont ces idées que j’ai du mettre en forme. Et ce fut le début d’une nouvelle activité.

tanyaML :Travaillez vous également sur un projet lié à la scénographie en ce moment ?

Richard
L : Oui, je travaille sur le même projet depuis 17 mois. En tant que scénographe je m’occupe pour ce projet en plus de la scène, des costumes et de la musique. 

tanyaML :Vous êtes musicien ?

Richard
L : J’avais 16 ans quand demandé une épinette, il s’agit d’un instrument à cordes pincées. Je me suis arrêté en 1983 car j’étais très mauvais comme musicien mais la musique à toujours fait partie de ma vie de façon même indirect. Ce sont ces connaissances qui me permettent de diriger les musiciens dans le sens du chorégraphe. Pour atteindre ce que lui a dans la tête. De la même façon que j’interviens pour la scène.

tanyaML :Vous êtes un véritable homme orchestre. Vous êtes un véritable touche à tout. Si vous deviez choisir un évènement qui vous a le plus marqué dans le bondage, quel serait il?

Richard
L : Ma rencontre avec le Bar Bar  

tanyaML :Vous n’avez jamais eu envie de faire un livre sur le bondage ?

Richard
L : Non, mais en y réfléchissant j’aurai plus envie d’écrire un livre sur les déboires du bondage. Sinon de façon beaucoup plus sérieuse, il y a un projet que j’aimerai bien mener un jour. Monter un cirque itinérant sans animaux mais avec que des êtres humains.  

tanyaML :Que de travail en perspective

Richard
L : J’ai besoin d’avoir des projets. Même s’ils  n’aboutissent pas j’arrive à en recycler le noyau dans un autre projet. Comme un ébéniste qui met de belles planches de bois de côté. Pour le moment venu … Le temps est un allier permanent … les choses qui ne se font pas … se feront … 

tanyaML :Si vous deviez maintenant choisir un évènement qui vous a le plus marqué dans la peinture, quel serait il?

Richard
L : En 93 quand j’ai rencontré mon premier galeriste, Tadeusz Koralewski, parce que quand je suis entré dans sa galerie ma façon d’aborder les dessins n’a plus été la même. Rentrer chez lui est une sorte d’accréditation, de parrainage. Je l’ai connu parce que j’aimais ce qu’il faisait. Je l’ai contacté pour lui dire que je voulais lui présenter mon travail. C’est rare mais cela a fonctionné. 

tanyaML :Vous avez plusieurs cordes à votre arc,bondage, peinture, musique et pourtant vous êtes d’un simplicité et d’une humilité que l’on ne peut imaginer, pourquoi ?

Richard
L : Je suis humble de nature. Le fait d’être timide a été un plus. C’est aussi moins choquant pour les gens que de montrer du folklore. cela permet d’avoir un véritable langage de fond. 

tanyaML :Quand on dit de vous que vos dessins sont violent qu’en pensez vous ?

Ma question le fait beaucoup rire et il m’avoue.

Richard
L : Une fois j’ai dessiné des fleurs. Et à ma grande suprise les gens me disaient que mes fleurs leurs faisaient peur. La violence fait parti de mon univers. Au bout de 20 ans je fini par ne plus m’en rendre compte. Je le vois à travers le regard des autres. Mais je comprend qu’on puisse trouver mes dessins violents.

tanyaML :Votre compagne fait ‘elle partie du milieu BDSM ?

Richard
L : Ma compagne n’est pas du tout dans le milieu BDSM. On s’est connu dans le travail. Je l’a connais depuis plus de 10 ans mais nous sommes en couple depuis un an et demi. Mais elle a déjà été attachée. la première fois pour me dépanner. Et je dois dire que j’ai eu beaucoupp de plaisir à le faire. Sportive de nature, elle a un corps sculpté par des heures de travail. 

tanyaML :Qu’est ce qui vous a décidé à revenir vers le BDSM?

Richard
L : Cela me manquait. Dans le dessin cela me manquait également. Car il y a toute une partie de mon imaginaire que je n’utilisais plus. Je ressentais un manque qui n’est pas de l’ordre de la libido. 

tanyaML :Vous pratiquez également le SM, comment cela se passe t’il? Quel est votre approche ?

Richard
L : Dans mes relations SM, il y a une distance qui se créée avec la personne qui ne me permet pas de vivre avec. Je n’ai pas de relation sexuelle avec. C’est impossible, je ne suis pas dans ce modèle. 

tanyaML :La plupart des personnes qui pratique le BDSM sont bien plus équilibrés à mon sens que ceux qui ne le pratiquent pas. Qu’en pensez vous ?

Richard
L : A bien des égards, je considère que le BDSM a été un plus dans ma vie. Toute proportion gardée et sans aucune grandiloquence. Je trouve qu’il est essentiel dans les relations entre les personnes de pouvoir d’être capable de juger et de considérer ses interlocuteurs dans un registre de confiance et de pouvoir.

tanyaML :P ourquoi ?

Richard
L : Il m’est arrivé dans des réunions de me rendre compte grâce à ma pratique du BDSM de discerner dans l’assistance les personnes qui avaient le pouvoir. Ceux qu’il fallait à tout prix convaincre. Ce qui est très utile quand on veut faire adopter des idées. 

tanyaML :Ce soir vous allez vous rendre à la soirée privée des Editions Taboo?

Richard
L : Ce soir sera mon premier retour. J’ai l’impression que rien n’a bougé depuis 5 ans. Et je serai ravi que N/nous y allions ensemble. 

tanyaML :je serai également ravie. cela N/nous permettrait de prolonger N/notre rencontre.Maintenant que je vous connais mieux, je peux vous l’avouer une question me tarabuste depuis le début de N/notre rencontre.Pourquoi avoir choisi N/notre blog pour cette interview ?

Richard
L : IL n’y avait pas de folklore. les textes étaient pensés et humains. Je me suis dit que se serait dommage de passer à côté. 

tanyaML :je vous remercie de N/nous avoir reçu dans vos deux ateliers. j’ai eu beaucoup de plaisir à vous écouter et chaque fois le temps est passé très vite, voir trop vite. je souhaiterai conserver un souvenir de cette rencontre. Pourriez vous nous faire une dédicace pour N/nous et nos lecteurs ? 

 

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photo dédicacee de richard laillier pour les anges dechues

Interview de Lord Red

 

Interview de Lord Red dans Interview dsc_0334-199x300

Le monde du BDSM est vaste et international. De part N/nos déplacements et pérégrination sur internet et dans la vie, N/nous continuons à rencontrer des personnes qui N/nous interpellent, N/nous fascinent et N/nous séduisent. j’ai découvert Lord Red à travers ses écrits sur Fetlife et j’ai eu envie de le connaître mieux. De part ses écrits j’ai retrouvé un être équilibré, parfaitement saint de corps et d’esprit et surtout très intéressant. Aussi je tiens à partager cette rencontre avec V/vous au travers de cette interview qu’il a bien voulu m’accorder :

Pourquoi vivez vous à Hong Kong si ma question n’est pas trop indiscrète bien sur ?

Nous sommes allés vivre sur Hong Kong pour des raisons professionnelles. Ce fut, en réalité, plutôt le fruit du hasard.

Comment avez-vous découvert le BDSM sachant que pour beaucoup de personnes, le BDSM s’est fait tout seul et c’est seulement par la suite qu’elles ont découvert que ce qu’elles faisaient était considéré comme du BDSM ?

C’est en réalité une question assez difficile, parce que je ne sais même pas, depuis quand j’ai senti que je « rentrais » dans le BDSM. En fait, je ne peux pas vraiment dire que j’ai « commencé » seul. Je crois d’ailleurs que la « révélation » du BDSM est très différente pour quelqu’un de soumis, masochiste, que pour quelqu’un de plus dominant. Sans rentrer dans les caricatures, je ne pense pas que soumis(e)s et dominant(e)s « rentrent », découvrent leurs BDSM de la même façon. Bien sur, chaque soumis(e) et dominant(e) est différent, mais je parle au niveau des ressentis, des besoins fondamentaux. Depuis très jeune, j’ai une vie anticonformiste, rock’n roll, et pas forcément souhaitée (en tous cas pour mon enfance et mon adolescence). Ma première rencontre physique avec une personne qui m’as montré et parlé de cela en réel et concrètement c’était lorsque j’habitais en Bretagne, à Brest, j’allais beaucoup sur le minitel et à force de rencontres, un jour, j’avais 20-21 ans, j’ai rencontré une Domina expérimentée, de Paris, qui avait plus de quarante balaies, qui en avait marre de son mec, et qui est venu me rejoindre un weekend à Brest. Elle m’a montrée le soir même comment fister une fille sur elle-même….. En un weekend, j’ai compris qu’elle était ma Voie. Je l’ai fistée plusieurs fois dans la soirée, nous avons joué, je fus son amant, mais pas son soumis. Puis, elle est retournée, me laissant plein d’envies et d’interrogations, retrouver son mec, sur Paris…. Mais avant même cette rencontre, frayant dans le milieu punk, j’avais déjà de nombreux visuels esthétiques fait de cuir, de chaînes, de boots, de violences. Ma sexualité était déjà BDSM finalement. Ensuite, avec le mouvement gothique j’ai découvert d’autres visuels, comme le latex, le rubber…. Je dirais que je suis « rentré » dans le BDSM autant par « hasard » qu’évidence. J’avais des pulsions, des besoins, que j’ai pu verbaliser très vite, grâce au hasard des rencontres, mais aussi de magazines, de visuels artistiques….. et j’ai pu avoir très vite une vie sexuelle sans tabou du fait que je me suis construit relativement seul, expérimentant, puisque sans modèle familiale ni vraiment structuré. Personne ne m’a jamais dit, par exemple « que la sodomie c’est mal », « que baiser avec un chien cela se fait pas », « qu’on ne pissait pas sur la personne que l’on aime ». Pour schématiser.

Pourquoi avez-vous décidé d’en vivre et comment vous y êtes vous pris ?*

Par hasard là encore. Jusqu’à mon arrivé en Asie, je ne pratiquais le BDSM que pour et dans ma vie privée. Assez rapidement, je suis rentré dans la communauté BDSM locale, je me suis impliqué sur la scène et j’ai rencontré des gens. J’ai commencé à y être connu et reconnu. Plusieurs personnes, des femmes en fait, m’ont proposées de devenir un Dom Pro, notamment parce que j’avais besoin de trouver une source de revenus. Je fus assez surpris par l’idée au départ, pensant, comme beaucoup, qu’aucune femmes (ou hommes) n’accepteraient de payer pour un Dom mâle. J’ai décidé d’en vivre, ou, plus exactement, de faire cela par besoins financiers, mais cela ne m’a jamais permis d’en vivre complètement ni correctement non plus. Il y aussi l’aspect grisant, flatteur, et, je dois le reconnaître, excitant, que d’être payé pour dominer, faire quelque chose que j’aurais pu faire gratuitement, être désiré pour mes compétences dans le cadre du BDSM. Cela a joué aussi. Je trouve les « client(e)s » via le bouche à oreille et puis j’ai crée des profils sur des sites spécialisés BDSM, voila comment je m’y prends.

Comment se sont passé les débuts ?

A la fois grisant et stressant. J’aime connaître la personne que je vais dominer, pouvoir discuter avec elle, la sentir, mais ce n’était pas toujours le cas. Notamment lorsque les soumis(e)s m’étaient introduit(e)s par une tierce personne. Là c’était stressant de ne pas avoir pu mieux connaître l’autre avant. C’est en réalité un exercice assez compliqué, lorsque tu veux faire les choses bien.

Et maintenant avec du recul qu’est ce que vous ne feriez pas?

Il n’y a rien que j’aurais pu faire autrement, donc que je puisse vraiment regretter. Si vraiment je n’avais pas voulu faire quelque chose ou rencontrer quelqu’un, je ne l’aurais pas fait. Mais ce qui m’a dérangé le plus, je dirais, c’est de rencontrer sans connaître, sans avoir pu discuter avec les personnes avant. C’est une activité qui demande une grosse capacité d’adaptation.

Et qu’est ce que vous feriez plus rapidement ?

La seule chose, avec le recul, que j’aurais fait plus rapidement, c’est de faire du « pro » avant. Au moins, dès mon arrive en Asie.

Reviendrez-vous en France?

Pour y vivre ? Je ne le souhaite pas, parce que je préfère vivre en Asie. Par contre pour y passer des vacances et revoir mes amis oui, mais c’est difficile actuellement.

Si vous deviez écrire le petit manuel du BDSM ou comment vivre pleinement son BDSM en Asie, que conseillerez-vous ?

Je crois que c’est toujours un peu difficile de répondre à cela, car chacun a propre façon de vivre son BDSM, ses propres besoins. Mes conseils ne seraient pas adaptés pour tout un chacun. En plus, l’Asie est très, très différente, d’un pays à l’autre. Il est plus facile de « conseiller » en Europe, où les pays, les fonctionnements, les lois se ressemblent peu ou prou, alors qu’entre le Japon et l’Indonésie, qu’entre le Pakistan et la Mongolie, en passant par la Corée du Nord et la Thaïlande, les lois et les scènes sont très différentes. Néanmoins, je dirais donc que, premièrement, se renseigner sur les lois locales et si il y existe une scène me semble la base. Fetlife est très bien pour cela d’ailleurs. D’autant que dans beaucoup de pays, le BDSM et même l’échangisme, sont « interdits ». S’il y a un ou des munches organisés dans la ville où vous êtes, y aller peut-être intéressant. Connaître les « bonnes » personnes comptent aussi beaucoup, parce que dans de très nombreux pays d’Asie, il n’existe pas de clubs ou de soirées fetish/BDSM « publiques » comme les soirées Démonia ou Torture Garden, pour ne citer qu’elles. Donc pour jouer, regarder… c’est assez difficile. Souvent, dans chaque pays/ville, existe des personnes organisant, de manières plus ou moins ouvertes, des soirées privées.

Si un homme venez vous demander conseil pour devenir comme vous un professionnel que lui conseilleriez-vous ? Et que lui déconseilleriez-vous ?

Comme pour la question précédente, je dirais avant tout, de faire attention aux lois. De savoir où dominer, d’être clair dans son fonctionnement et d’être, bien évidemment, compétent. Ne jamais faire ce que l’on ne sait pas faire, même avec l’appât du gain. D’être safe avec son matériel et soi-même. Et dans la mesure du possible de discuter avant avec le ou la client(e), par internet ou en réel. Dans ce que je déconseillerais, c’est d’être trop insouciant, ou de ne pas faire attention à sa propre sécurité physique (c’est encore plus important pour les Domina Pros). Certains lieux peuvent être dangereux et il ne faut pas oublier que dans des pays comme la Chine, Macao, Hong Kong, Taiwan, le Japon, la Thaïlande…. les mafias sont assez présentes.

On doit rester pro pour soi et pour les personnes rencontrées, en toutes circonstances, et pas que dans la pratique en elle-même.

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Lord Red

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  • Album : PETPLAY
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